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| Saint-Pourçain
sur Sioule |
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Après avoir consulté
les Révérends Pères Bollandistes de
Bruxelles et les bons Pères bénédictins
de Maredsous, je puis affirmer que nulle part il n'existe
de traces de la canonisation d'un quelconque Pourçain.
Certes, un il exista bien un certain Isidore Pourçain
(453-532) qui vécut dans une petite ville d'Auvergne,
mais ce n'était là qu'un très malhonnête
commerçant. Il avait pris la mauvaise habitude d'augmenter
de cinq pour-cent ("cin pourcin" avec l'accent local) le
poids, donc le prix, de toutes les denrées qu'il
vendait.
Mais comme on sait, l'appétit vient en mangeant,
la grenouille veut se faire plus grosse que le buf,
qui vole un uf vole un buf, etc, etc
Aussi,
bientôt, Isidore Pourçain dit "Cin-Pourcin"
ne se contenta plus de sa traditionnelle tare de 5 % et
cela causa sa perte.
Un jour, il s'avisa de facturer au roi Thierry II, petit-fils
de Clovis, un melon prétendument de cinquante kilos
pour la rondelette somme de mille sous d'or (environ un
million d'écus modernes).
Vu l'apparence aisée de son client, Cin-Pourcin
avait cru pouvoir sans risque fausser son pesage un peu
plus que de coutume et alourdir quelque sa note.
Le roi le prit très mal et Isidore Pourçain
(dit "Cin-Pourcin") fut pendu, portant au cou, en témoignage
de ses forfaits sa balance criminelle.
À l'époque, on ne badinait pas avec l'éthique
commerciale ! |
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Réaction
à cet article :
12
Octobre 2004
Michel ROUBY nous écrit
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Après
avoir pris connaissance de la version de l'histoire
de Saint-Pourçain que vous proposez,
je vous propose de connaître à
votre tour la mienne....
Une autre version dit que la loi du talion,
à l’origine, était ainsi
rédigée : « œil
pour œil, dent pour dent, sein pour sein
». Mais, le Moyen Age arrivant, l’église
devint pudique et, en même temps qu’elle
interdit le mariage aux prêtres, elle
commit quelque scribe besogneux à la
tâche de rédiger une version plus
soft de la bible.
Dans la nouvelle version,
la loi du talion devint ce que l’on sait,
et le moine, soupçonneux que des générations
futures puissent retrouver, transmise par un
bouche-à-oreille mal aisé à
bâillonner, la dernière partie
de la phrase, rédigea l’histoire
d’un « Saint Pourçain
» qu’il inventa de toutes pièces
après avoir éclusé quelques
bouteilles du cru local.
Les historiens hésitent
toujours entre cette version et celle que vous
proposez ! |
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| REPONSE DU WEBMASTER : |
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Damned, voilà une explication dont mes sources,
pourtant des plus sérieuses, ne pipaient mot
!…
Mais il est également vrai que je ne les ai
peut-être pas très bien comprises, lesdites
sources. En l'occurrence, l'histoire d'Isidore Pourçain
(dit "Cin-Pourçin"), est tirée
d'un vieux grimoire découvert, après
moult poussiéreuses recherches, dans les recoins
les plus discrets de la bibliothèque de l'abbaye
cistercienne sise dans ma bonne vile natale de Rochefort
(Belgique). Or, si l'érudition de ses moines
est l'un des plus beaux fleurons de cette studieuse
abbaye, son plus grand titre de gloire est de donner
naissance en son sein à l'une des plus prestigieuses
bières de Belgique (donc, en toute objectivité,
l'une des meilleure du monde) : la Trappiste de
Rochefort. Et justement, lorsque mes mains, aussi
émues que profanes, purent enfin compulser
ce vénérable recueil des Res Gestae
Isodori Prosuini qui recèle l'histoire
que j'ai publiée, force m'a été
de constater que le révérend père
copiste de cette œuvre avait abondamment usé
et abusé du nectar brassé par ses frères
monastiques. La plupart des feuillets, maculés
d'une substance brun-claire encore fortement parfumée
de houblon et d'orge, ne formaient plus qu'un magma
informe, tandis les pages encore accessibles étaient
couvertes d'une écriture hésitante,
zigzagante, bref, des pattes de mouches quasi-illisibles.
J'ai donc été contraint d'interpréter,
peut-être un peu trop librement, et de reconstituer,
avec peut-être un peu trop d'imagination, les
lacunes irrémédiablement perdues…
dont votre judicieuse interprétation, sauvegardée
par la tradition orale de votre beau pays d'Auvergne,
faisait sans doute partie.
Mille mercis pour votre message aussi sympathique
qu'érudit. Grâce à vous, les études
médiévistes viennent de faire un grand
pas en avant !
Lucien J. Heldé |
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