À la fin de l'Antiquité,
juste un peu avant que Charles Martel n'y arrête les
Arabes, le grand saint Hilaire fit de la ville de Poitiers
un des plus grands centre religieux de la Gaule.
"Hilaire vient d'hilarité, aussi , saint Hilaire
servit Dieu avec un cur plein de joie." C'est
du moins ce que précise le savant hagiographe auprès
duquel je puise ma documentation.
Or donc, Hilaire fut un joyeux luron. Il était aussi,
nous le savons, évêque de Poitiers et il était
marié. C'est bizarre, mais c'est comme ça.
Il avait aussi une fille appelée Apia.
Un jour que cette jolie jeune demoiselle dissertait sur
les paroles de saint Paul : "Il vaut mieux se marier que
de brûler", fit part à son père de son
désir de renoncer à sa virginité, de
se marier et d'avoir une nombreuse progéniture.
Ce projet n'eut pas l'heur de plaire au joyeux Hilaire
qui conseilla fermement le célibat à la donzelle.
Mais cela ne servit à rien : Apia était fermement
résolue à l'hymen.
Aussi l'hilare Hilaire pria le Seigneur de faire mourir
sa fille. Il fut exaucé illico et la pauvre Apia
mourut dans d'horribles souffrances, victime d'une diarrhée
foudroyante.
Désespérée du décès
de leur fille, l'épouse de ce grand rigolo d'Hilaire
implora ce dernier d'intercéder auprès de
Dieu afin qu'elle-même rejoigne Apia au Royaume des
Cieux.
Comme fut dit fut fait : une petite oraison et l'épouse
succombait de la même chiasse.
Mais le palmarès macabre de ce boute-en-train d'Hilaire
ne se limite pas à ces meurtres en série.
On raconte aussi, que l'amusant Hilaire, à Rome,
s'opposa violemment au pape de ce temps-là. Il faut
dire que le pontife était contaminé par la
pestilence d'idées hérétiques ! |