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Une vieille coutume, remise
à l'honneur en 1946, montre bien l'esprit frondeur
et facétieux des joyeux habitants de Dillingen :
Chaque printemps, le troisième samedi qui suit la
commémoration de l'anniversaire du centenaire de
la communion privée de saint Willibrod (le saint
local), les jeunes gens qui ont eu vingt ans au cours de
l'année se précipitent au tas de sable de
la cathédrale pour confectionner un pâté
de sable, le plus difforme possible mais le plus résistant.
Il s'agit ensuite pour eux de faire tenir ce pâté
en équilibre sur la tête du bourgmestre de
Dillingen qui, en bon allemand, a pris soin de se faire
une coiffure réglementaire et germanique, au carré.
Le magistrat communal doit rester impassible malgré
les agaceries folâtres de quatre jeunes filles, habillées
très légèrement, qui le pelotent.
Le jeune homme dont le pâté est resté
les plus longtemps sur la tête du bourgmestre reçoit
comme récompense le droit de figurer saint Willibrod
dans la célébration de son Mystère,
joué tous les ans, en été, le treizième
mercredi qui suit la commémoration de la première
pipe de saint Willibrod (le saint était un grand
fumeur).
On ne sait trop en quoi consiste ce rôle, car sa nature
exacte n'est révélée qu'aux seuls habitants
de Dillingen, cependant ce doit être assez agréable
vu le grand nombre de jeunes qui participent au concours
annuel.
De nos jours, Dillingen, sauf aux jours de fête,
reflète le calme habituel des cités danubiennes
où, heureusement, le poids d'un glorieux passé
n'a pu étouffer le présent : Dillingen s'est
en effet récemment spécialisée vers
l'exportation des eaux fluviales du Danube vers Vienne,
Budapest les grands ports de la mer Noire, s'ouvrant ainsi,
avec la chute du Rideau de Fer, l'immense marché
russe.
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